Agenda

Année 2019

 

Mercredi 27 novembre 2019 - 19h

Café littéraire : L'art de la guerre - Sun Tzu

 

Mercredi 18 décembre 2019 - 19h

Café littéraire : La densification de l'être - Chapus et Venard

 

 

Tarif  : 5€ 

 

En partenariat avec l'Espace Mouneyra

118, rue Mouneyra - 33000 Bordeaux
www.espace-mouneyra.com

Citation

" Les esprits sont comme les parachutes : ils ne fonctionnent que quand ils sont ouverts. "

 

Louis Pauwels

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F. Lenoir - Socrate, Jésus, Bouddha

 

F. Lenoir nous donne, à travers son livre « Socrate, Jésus, Bouddha »  à comprendre trois maîtres de vie. Ces maîtres bien qu’ayant vécu historiquement il y a plus de 2000 ans, sont toujours vivants. A la question « Un « maître de vie », est-ce la même chose que ce qu’on appelle habituellement un « maître spirituel » ?

F. Lenoir répond : « en fait, quand j’ai choisi cette expression de « maître de vie » (que je n’ai pas inventée), c’était d’abord pour l’opposer à l’idée de « maître à penser ». Kant, par exemple, est un grand maître à penser (sans qu’il faille entendre ce terme dans une quelconque acception péjorative, du reste) mais je n’ai pas envie de vivre sa vie. Même s’il a vécu une vie conforme à ses principes, l’ambition première de sa démarche philosophique est avant tout spéculative, discursive et systématique.

 Cette distinction entre la vie et la pensée est une distinction moderne. Socrate, Jésus et Bouddha ne séparent pas la recherche de la vérité de la quête de la vie bonne : il s’agit de juger de la pertinence de leur propos et de leurs propositions en regardant la manière dont ils vivent. Socrate, ainsi, refuse de se faire payer, contrairement aux sophistes et montre un souci constant de la justice dans ses discours et dans ses actes. Bouddha entend conduire chaque être humain vers l’expérience de l’éveil. Quant à Jésus, sa vie est d’une exemplarité sans faille- ce qui rend son « imitation » assez problématique… Le propre d’un maître de vie, je pense, c’est de nous éduquer sur le chemin de la vie, de nous aider à discerner, à hiérarchiser les valeurs et les priorités de notre existence et pas seulement, comme un maître à penser, de nous donner des idées pour comprendre le monde. C’est là tout l’esprit de la philosophie antique que Pierre Hadot a bien mis en lumière dans ses travaux  et qu’on retrouve à l’œuvre également chez Jésus et Bouddha. Un maître de vie, donc, n’est pas un maître à penser mais un maître à vivre »  

Et à l’examen, c’est ce qui est d’autant plus important,  plus engageant. Car ces trois maîtres de vie ont donné par leur propre exemple, leurs propres épreuves,  une destinée, un chemin, une voie qu’ils nous engagent à suivre. Jésus propose à ses disciples de tout abandonner pour le suivre et pendant 1an la petite troupe va errer de village en village, sans aucun point d’attache, sans aucun bien. C’est d’ailleurs un point commun à ces trois hommes : la pauvreté matérielle. Comme si elle était l’obstacle absolu à l’épanouissement de l’homme. Certes le Bouddha propose d’avoir deux robes pour en changer mais un bol  suffit pour prendre sa nourriture et Socrate  n’a  jamais été riche.  Chacun a sa manière dit qu’il n’est pas grave d’être riche mais totalement désastreux de ne vivre que pour la richesse.

Ils marchent tous, parfois beaucoup, parfois dans le désert pour être mis à l’épreuve, pour consulter un oracle. Et leurs enseignements s’égrènent au  long des routes, comme une musique qui se distille de bouche en bouche. A une époque où lire et écrire était l’apanage d’une classe éduquée et somme toute assez peu nombreuse, tous s’adressent à tous, sans distinction  là où se passe la vie, le marché, la famille avec ses épisodes heureux et malheureux.   Un seul a fait la guerre, par civisme nous dirions maintenant, Socrate dirait  par fidélité absolue aux Lois de la Cité d’Athènes. D’ailleurs il en mourra car ainsi qu’il le dit pour édifier ses amis « mieux vaut subir une injustice que la commettre » En cela réside la dignité du citoyen. Et le fils de Dieu aurait également pu échapper au martyre mais tel était sa voie de réalisation qu’il accepte pleinement.

Ces trois maîtres ne veulent pas nous conduire au martyre ni à la mort mais aider la totalité des hommes à pratiquer la vie bonne, celle qui conduit au bonheur. Tout simplement.

Notre époque est troublée, nous semble pleine de menaces. Ces trois maîtres amènent du fond des temps leur optimisme résolu pour une  Révolution d’amour. Car tous, d’une manière totalement différente, parlent d’amour.

Message à méditer à l’approche de Noël…

Par Cath

Bibliographie : P Hadot : « qu’est ce que la philosophie antique »  et « la philosophie comme manière de vivre »

 

 


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